samedi 8 avril 2017

Avril 1917 – Camarades de l’état-major

        Je loge avec deux de mes camarades sur le canal, à proximité du village dans des péniches bien plus confortables que celles d’Haudainville. Nous occupons les cabines des mariniers qui ont dû les évacuer depuis peu. Nous y avons des couchettes et des draps. 
Pierre Péchenard en 1927
        Le petit état-major du régiment est sympathique : le colonel [Théron] est un homme bienveillant et calme, son capitaine adjoint, Gabet, insignifiant. Je retrouve Monsieur Soula, une vieille connaissance qui dirige l’équipe de canon de 37, Deconinck, le jeune sous-lieutenant pionnier qui a été quelque temps avec moi à la 5ème dans la Somme, [Pierre] Péchenard, officier de renseignements, un jeune prêtre jovial et gai avec lequel j’aurai toujours d’excellents rapports de camaraderie, mais aucune communion spirituelle et enfin Le Gall, l’officier chargé des liaisons, un Breton fin, droit et intelligent, qui sera désormais mon meilleur ami jusqu’à son départ du régiment.  
Deconinck, lui et moi nous faisons du canotage sur le canal. Nous y ramassons de beaux poissons tués par l’explosion sous-marine d’obus destinés aux batteries voisines. C’est un supplément à notre ordinaire très apprécié.     
 
Mémoires de Jean Médard, 1970 (3ème partie : La guerre)