vendredi 23 octobre 2015

Octobre 1915 – Jean Médard et Jean Lichtenstein


Ma vraie chance c’est la présence de mon ami Jean Lichtenstein à Roscoff, où il est responsable de la station zoologique. Il n’a pu être mobilisé à cause de son état pulmonaire. Nous nous faisons de fréquentes visites. Je découvre en lui, quand il travaille dans son laboratoire cette grandeur et cette austérité, qui sont parfois l’apanage des hommes de science. Il n’en demeure pas moins un ami plein de charme, de confiance et de simplicité. Il m’est précieux de retrouver un ami et de faire à nouveau l’expérience d’une amitié qui se situe sur un tout autre plan que les camaraderies de régiment. Enfin ce qui contribue à rendre cet exil en Bretagne tout à fait supportable ce sont quelques brèves permissions à Paris et même à Sète. 

Mémoires de Jean Médard, 1970 (3ème partie : La guerre) 


  
Flashback 

Gourdouze [camp de jeunesse protestant où Jean a passé l'été 1909]  a beaucoup compté pour moi. Je découvrais pour la première fois de ma vie les joies de l’amitié.
Je me liais en particulier avec Jean Lichtenstein. Intelligent et fin, il avait un charme un peu romantique, un fond de tristesse dû sans doute à un état de santé fragile et à une situation familiale difficile. Il avait hérité de son grand’père le goût de l’entomologie. Il collectionnait les coléoptères. Je commençais aussi à Gourdouze à découvrir l’évangile grâce aux méditations simples et directes [d’Albert] Léo. 

Mémoires de Jean Médard, 1970 (3ème partie : Enfance et jeunesse)