vendredi 13 avril 2018

Marcel Simonin (1893-1968)

Dans sa lettre récente du 4 avril 1918, Jean écrivait :

Me voici de retour à la sixième. J’y ai passé moins de temps qu’à la cinq et je connais moins les poilus ; mais j’ai l’avantage d’avoir pour Cdt de compagnie [Marcel] Simonin, qui est un excellent camarade et un chic type. Il vient de recevoir la Legion d’honneur et je te prie de croire qu’il ne l’a pas volée.

Dans ses mémoires, Jean évoque des souvenirs plus légers, passés sous silence dans ses lettres à sa mère :
Source  : Wikipédia

Mon commandant de compagnie est Simonin1, bon camarade et officier courageux, mais un peu suffisant et énervant quand il raconte ses bonnes fortunes et fait son petit Don Juan. Il se figure qu’aucune femme ne peut lui résister. Il faut reconnaître qu’il a un certain succès, bien qu’il ne soit pas beau.

A la popote il chante des chansons à la mode sentimentales et langoureuses :

« C’est sous le ciel de l’Argenti-ine
Où les femmes sont divi-ines
Au son des musiques cali-ines
En dansant le Tango2»

ou encore « Sur le bord de la Riviera, où murmure une brise embaumée… ».

Mémoires de Jean Médard, 1970 (3ème partie, La guerre )
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1 Marcel Simonin (1893-1968) que Jean mentionne à de nombreuses reprises dans sa correspondance, et pour lequel il avait visiblement de la sympathie et de l’admiration, fait l’objet d’un article sur Wikipédia écrit par Thierry Collet. Sorti du rang, devenu capitaine à la fin de la première guerre, il termina sa carrière militaire comme lieutenant-colonel.
2 Il semble que les paroles exactes sont « C’est sous le ciel de l’Argentine / Où la femme est toujours divine / Qu’aux sons des musiques câlines / On danse le tango ! »